Le syndrome de Diogène n’a pas une cause unique. Il apparaît le plus souvent à la rencontre de plusieurs fragilités : isolement, choc de vie, deuil, troubles neuropsychiques, histoire relationnelle ou épuisement durable. Comprendre ces facteurs permet d’adopter une posture plus juste, plus humaine et plus efficace.
Parler de causes du syndrome de Diogène demande donc de la prudence. Il s’agit moins d’une explication unique que d’un enchaînement de vulnérabilités, vécu différemment selon chaque personne. Deux personnes confrontées à une même épreuve ne réagiront jamais exactement de la même manière, et ce ressenti reste toujours légitime.
Qui peut être concerné ?
Le syndrome est surtout repéré chez des personnes âgées, souvent entre 70 et 80 ans, même si son installation peut être beaucoup plus ancienne. Il peut aussi concerner une personne plus jeune, notamment lorsqu’il existe une souffrance psychique importante ou un trouble neuropsychique associé. Les personnes qui vivent seules, qui traversent un deuil, une rupture ou un isolement prolongé peuvent être davantage fragilisées.
On l’observe également plus souvent chez des femmes, en partie parce qu’elles vivent en moyenne plus longtemps. Cela ne signifie pas que d’autres profils seraient épargnés : chaque histoire reste singulière et mérite d’être comprise avec nuance.
Ce qu’il faut retenir
- il n’existe pas une cause unique du syndrome de Diogène ;
- plusieurs facteurs peuvent se cumuler au fil du temps ;
- l’isolement, un choc de vie et certains troubles neuropsychiques reviennent souvent ;
- mieux comprendre l’histoire de la personne aide à mieux l’accompagner.
Le sentiment de solitude
Le facteur le plus souvent retrouvé est le sentiment de solitude. Cet isolement peut être subi ou choisi, mais il s’accentue souvent après un choc psychologique, un décès de proche, une séparation ou une succession d’épreuves. Lorsque le syndrome est déjà installé, l’impression de fragilité financière ou une réelle précarité peuvent encore renforcer le repli.
Dans de nombreux parcours, la personne ne présentait pas forcément de difficultés matérielles majeures avant l’apparition des symptômes. Ce sont parfois les conséquences du syndrome elles-mêmes qui aggravent ensuite la situation quotidienne.
Troubles neuropsychiques associés
Selon les études, une partie importante des personnes touchées présente aussi un trouble neuropsychique ou psychiatrique associé. Les chiffres varient, mais ce lien revient fréquemment dans la littérature. La maladie d’Alzheimer, certaines psychoses, la schizophrénie, un trouble paranoïaque ou le syndrome de Korsakoff peuvent fragiliser durablement la relation aux autres et au quotidien.
Ces troubles n’expliquent pas tout à eux seuls. En revanche, ils peuvent accentuer le retrait, la défiance, l’épuisement ou la désorganisation, et ainsi favoriser l’installation du syndrome de Diogène.
Histoire de vie et attachement insécure
L’histoire relationnelle de la personne compte également. Certaines personnes ont appris très tôt à se protéger seules, à ne pas demander d’aide ou à se méfier du lien. Lorsque l’enfance a été marquée par un attachement insécure, une instabilité ou un manque de sécurité affective, les grandes épreuves de la vie peuvent être vécues avec encore plus de violence.
Dans ce contexte, le repli sur soi n’est pas un caprice ni un simple refus de l’autre. Il peut devenir une manière de tenir, de se protéger, voire d’éviter une souffrance ressentie comme trop forte. C’est aussi pour cela qu’un accompagnement respectueux et progressif est essentiel.
Pourquoi il faut rester prudent
Les facteurs déclencheurs du syndrome de Diogène restent débattus. Il est plus juste de parler d’un ensemble de facteurs que d’une cause unique. Le vécu, les prédispositions, l’état de santé, le contexte social et l’histoire de vie se croisent souvent.
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